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Liberalisme et ecologie
L'écologie - ou plus précisément la prise en compte des problèmes écologique et la recherche de solutions - est-elle compatible avec le libéralisme?

Souvent, on comprend le terme libéralisme comme "chacun fait ce qu'il veut", comme "pas d'état" ou même on confond l'idéologie politique avec sa conséquence économique que l'on porte à l'extrême: la théorie du "laissez-faire" (appelée "ultra" ou "néo" libéralisme par ses opposants) à laquelle on reproche de ne voire que l'argent comme valeur et d'augmenter les inégalités.

Dans cette optique, bien-sûr, difficile de faire place à l'écologie. L'écologie ne va-t'elle pas nous conduire à forcer un changement de style de vie? L'écologie ne relativise-t'elle pas l'argent comme seule valeur-étalon en prétendant que d'autres critères sont tout aussi - voir plus - importants? En essence, l'écologie n'est-elle pas opposée à la croissance économique?

Ce petit texte cherche à montrer la compatibilité fondamentale de l'écologie et du libéralisme. Il commence par un brefs résumés des objectifs "philosophiques" de l'écologie (sans entrer dans les débats spécifiques tel le nucléaire), puis présente une définition du libéralisme tel que compris par l'auteur, avant de montrer comment les objectifs de l'écologie découlent tout naturellement du libéralisme.

L'écologie

Les préoccupations écologiques reposent globalement sur la reconnaissance du fait que la nature est limitée. Ceci tant en ce qui concerne les ressources que ses capacités d'absorptions de la pollution et des déchets.

Par voie de conséquence, il est important de ne pas se concentrer sur une croissance matérielle sans limites qui reposerais sur une consommation croissante sans limite de ressources, et d'utiliser les ressources disponibles avec efficacité. Le but premier de la société devrait donc être la gestion durable de la nature, afin de garantir à long terme la conservation d'un milieu où l'homme peut vivre, voire prospérer, donc avoir accès à suffisamment de ressources.

De plus, la pollution générée par l'homme peut avoir un impact sur notre planète tel que cela représente un danger pour l'humanité. Par exemple, un tel danger a été reconnu (et combattu avec un certain succès) dans le "trou d'ozone" dans les années 80 et 90. Un autre exemple très actuel est le réchauffement climatique dû à l'effet de serre, qui est confirmé par une large majorité des scientifiques. La société devrait donc tendre à limiter la pollution qu'elle génère (car il y a toujours pollution - c'est inhérent au besoin d'énergie de la vie) en fonction des capacité d'absorption du système naturel où elle se trouve.

La réflexion écologique tends donc à vouloir imposer un changement profond dans notre mode de vie: par exemple, l'accumulation de bien matériel, le remplacement d'objets encore utilisables mais démodés - bref la base de notre société de consommation - sont remis en question.

La mobilité (individuelle) et les transports sont symptomatiques: la mobilité est une valeur positive de liberté - je vais où je veux, quand je veux; je vis où je veux, indépendamment de l'endroit où je travaille. Les transports permettent une grande flexibilité, permettent d'avoir dans nos supermarché des fraises quasi toute l'année pour ne pas parler de fruits plus exotiques encore.
Mais écologiquement, le transport et la mobilité individuelle sont très négatifs; ils consomment du pétrole, ressource précieuse et limitée, et dégagent une pollution importante, tel le gaz carbonique qui contribue à l'effet de serre.
On devrait donc consommer plutôt des produits locaux, et aller en transport publique, voire en vélo, à son travail. Et ceci dans un monde globalisé! Encore un principe de base de notre société remis en question.



Le libéralisme

La base philosophique du libéralisme est la confiance humaniste dans le fait que les individus savent ce qui est le mieux pour eux et n'ont pas besoin d'un état paternaliste. Le libéralisme place donc au centre la liberté individuelle. Mais il ne s'agit pas d'égoïsme, car cette liberté n'a de limite que la liberté des autres individus; la liberté des autres est donc également à la base du libéralisme.

Par voie de conséquence, le libéral est souvent opposé à trop de contraintes légales. Cependant, il est évident que - pour protéger ces droits individuels - certaines contraintes légales sont indispensables. Ainsi par exemple, si l'on veut garantir le droit à la propriété privée, il est nécessaire d'interdire le vol. Il est clair que si le vol doit être interdit, une force de police doit être créée pour imposer cette décision, et donc un impôt doit être levé pour la financer. Un impôt est donc nécessaire. Mais un impôt confiscatoire peut aussi mettre en péril ce droit personnel à la propriété, c'est pourquoi il est également nécessaire de réglementer et de limiter strictement l'expropriation par le pouvoir politique.

Les individus acceptent donc certaines limites - se choisissent des lois - pour les avantages que leur apporte la société en terme de garanties de leurs droits personnels. Mais comme ils savent ce qui est le mieux pour eux, les lois ne doivent pas viser à limiter leur liberté, même "pour leur propre bien", mais seulement à leur permettre d'exercer cette liberté.

Le revers de la médaille de la liberté est la responsabilité. Si chacun est considéré mature et peut décider ce qui est bon pour lui, il doit assumer la responsabilité de ses décisions. A un niveau plus élevé, si quelqu'un peut exercer une influence sur la société, il porte une responsabilité de s'assurer que celle-si oeuvre effectivement pour garantir la liberté de tous.

L'égalité est bien-sûr au coeur du libéralisme, où chaque individu - quelque soit sont sexe, la couleur de sa peau, sa religion - est reconnu comme capable de gérer sa liberté et d'assumer sa responsabilité, et a donc les mêmes droits et devoirs.

Economiquement, le libéralisme tend à faire confiance aux forces du marché. Le consommateur rationnel choisira les meilleurs produits (rapport qualité/prix) et donc récompensera l'efficacité et l'inventivité. Dans un processus quasi darwinien, cela poussera vers une plus grande efficacité l'ensemble de l'industrie, vu que les producteurs mauvais devront s'adapter pour pouvoir vendre.

L'intervention de l'état doit être minimum - ne pas créer par exemples trop de limitations à la concurrence tels que droits de douanes ou monopoles d'état. Mais vu que les forces du marché ne sont pas parfaites, certains cadres peuvent être nécessaire pour garantir le fonctionnement de ce marché - ce peut être par exemple l'interdiction de l'abus de monopole.



L'écologie libérale

Philosophiquement, le libéral n'accepte de limite à sa liberté que la liberté des autres individus. Mais quels autres individus? Pas si loin de nous, il y a ceux - par exemple vivants dans des petites îles au ras des flots océaniques - qui perdront bientôt leur terre et leur logis si le niveau de l'eau monte par cause de réchauffement climatique. Ils sont nos égaux - fondement du libéralisme. Donc leur droit à la propriété de leur maison n'est-il pas au moins aussi important que notre liberté de déplacement?

Plus loin de nous, ne devrait-on pas considérer aussi la liberté de nos enfants et descendants? La liberté de notre génération n'est-elle pas limitée par la liberté des générations à venir? Si l'on estime que la liberté dans le futur serait compromise par un monde vidé de ses ressources et rendu peu habitable par la pollution, n'est-ce pas une raison d'accepter une limitation aujourd'hui?

On voit donc que l'essence même du libéralisme qui reconnaît à chacun les mêmes droits et devoirs nous pousse à nous assurer de ne pas détruire l'environnement d'autres hommes, ni le potentiel des futures générations.

Mais surtout, nous avons relevé que la liberté est toujours liée à la responsabilité. La libéral - s'il veut mériter sa liberté - doit assumer les conséquences de ses choix. Cette responsabilité n'est pas limitée à la valeur monétaire instantanée. Si, par exemple, je suis coupable d'un accident de voiture où quelqu'un se retrouve handicapé, ma responsabilité, au delà des frais de réparation de la voiture et des frais médicaux immédiats, couvre également la prise en charge à long terme de la personne handicapée et même des tords moraux.

Ainsi, logiquement, si par mon action je pollue l'environnement, ma responsabilité est engagée pour les conséquences de cette pollution. Or actuellement, les problèmes de pollutions ne sont traités que dans l'immédiat ("nettoyer"), et ce que pour des pollutions évidentes et localisées. Mais ma responsabilité n'est-elle pas également engagée en cas de pollution diffuse avec des conséquences à retardement - tel le gaz carbonique dégagé par ma voiture et les conséquences d'un réchauffement climatique? Ne dois-je pas assumer ma responsabilité envers ces habitants des petites îles au ras des flots océaniques mentionnés plus haut?

Nous voyons donc que les trois éléments clés qui forment la base philosophique du libéralisme - l'égalité, la liberté des autres seule limite de la mienne et la responsabilité - nous conduisent à une conduite "écologique", pour peu que l'on accepte l'hypothèse d'une nature finie dans ces ressources et dans ses capacités d'absorption des polluants.

Malheureusement, dans un monde imparfait, il peut être nécessaire d'accepter des limitations de notre liberté - interdire le vol et financer police - afin d'en garantir de plus importantes - comme le droit à la propriété. Dans le cas environnemental, il se peut aussi que certaines restrictions - par exemple au regard de la mobilité, deviennent indispensables. Mais sommes nous donc condamnés à modifier par la contrainte notre mode de vie?

Heureusement, non! Pour bien des choses, on peut toujours se fier au marché libre pour aboutir naturellement à de bonnes solutions... il suffit, pour cela, d'intégrer (ce qui est somme toute juste) les coûts écologiques aux prix des ressources et des produits.

Si on intègre par exemple au coût de l'essence les coûts nécessaire pour fixer autant de gaz carbonique qu'en produit la combustion - et que l'on utilise effectivement ces fonds pour agir - alors la mobilité individuelle, devenue neutre écologiquement, ne pose plus de problèmes. Evidemment, il n'est pas simple d'évaluer ces coûts - car la vérité scientifique n'est pas absolue, et on ne connaît pas avec certitudes les conséquences d'une pollution. Car la combustion de l'essence génère d'autres pollutions (p.ex. les fameuses "particules fines"), et que l'on ne tiens pas compte de l'épuisement des ressources.

Plus simple, et encore plus "libéral", l'introduction de "bons à polluer" - négociables - que l'on recevrait lorsque l'on agirait pour "nettoyer" l'environnement, et que l'on devrait utiliser pour payer des combustibles (ou n'importe quel autre produit matériel en fonction de sa trace écologique - donc de la pollution émise et des ressources utilisées pour le fabriquer). Un grand marché qui, certes, renchérirais de nombreux biens - surtout ceux qui viennent de loin - mais sans limiter leur accès (1). Leur prix couvrirait la conséquence de leur fabrication et transport. Donc un produit local - où un produit manufacturé avec une technologie propre et peu de déchets sera avantagée, ce qui poussera le développement et la recherche vers une réduction de la trace écologique.
Combien de croissance, de nouveaux métiers serait ainsi encouragés!

Donc l'écologie, contrairement à une idée reçue, n'implique pas de brider les libertés ni de renoncer à une croissance économique. Au contraire, l'écologie offre une chance de croissance, un réservoir de nouvelles idées et de progrès. La croissance - dans un cadre durable - sera soit due à l'amélioration de l'efficacité, soit au développement de processus et d'énergies propres ou encore au développement déjà très poussé des services... qui vu leur support matériel limité, n'ont une emprunte écologique que très limitée.

Un dernier élément est fiscal. Actuellement, on taxe "l'effort", "la sueur". Quelqu'un qui, par son travail, gagne bien sa vie sera plus taxé que quelqu'un qui ne travaille pas. Certes, on "prend l'argent où il est". Mais une modification de l'assiette fiscale, plus loin du travail, et plus près de la consommation due au comportement de la personne, pourrait aussi - sans augmenter la quote-part fiscale, bien-sûr - engendrer des changements de comportement. A ce titre, l'imposition indirecte (TVA) et plus "écologique" que l'imposition directe, vu qu'elle est liée à un bien acheté et non à de l'argent gagné par le travail. Ce n'est pas parfait bien-sûr, vu que l'achat d'un service non polluant est aussi soumis à la TVA.
Dans l'entreprise, une taxation basée sur l'efficacité énergétique en comparaison d'industries comparables, plutôt que sur le bénéfice aurait aussi un effet salutaire (taxes neutres d'incitations).

En conclusions, nous avons vu que premièrement, la sensibilité écologique était une conséquence de la base philosophie du libéralisme pour peu que l'on admette que la nature est limitée (ce qui est assez logique: une petite boule perdue dans l'espace, la terre). Et nous avons vu que de nombreuses solutions libérales, n'impliquant pas de restriction des libertés sont envisageables. Alors que d'autres (les partis "verts" traditionnels) voudront par nature agir par l'intervention de l'état et l'interdit, nous estimons en conséquence très important de défendre une vision libérale de l'écologie!

Notes

1) La vie, par son besoin d'énergie, entraîne forcément une pollution. Mais une pollution est acceptable - lorsqu'elle n'est pas plus grande que les capacités d'absorption de la nature. C'est pourquoi un certain nombre de "bons à polluer" peuvent être distribués gratuitement à tout humain - ce qui représente sa part de la pollution acceptable. Le reste, la pollution supplémentaire, devant être couverte par des bons achetés ou gagnés par des actes de dépollution. Gràce à ce système, on abouti même à un résultat relativement "social", tel un minimum vital garanti à chaque individu.
Mieux encore, dans un contexte international, cela pourrait amener une aide massive à des pays peu développés. Ceux-ci auraient ces "bons à polluer" au pro-rata de leur population, mais polluent effectivement bien moins. D'où une vente d'une partie de ces bons et une rentrée de devises.


Commentaires

1. Laurent Cavin, 02.05.2010, 15:54   [répondre]
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